Quand l’africanisation de l’agroalimentaire prend sens : Cadyst de Célestin Tawamba s’empare des Grands Moulins (50 milliards FCFA)

Un tournant stratégique pour l’industrie meunière en Afrique centrale

Dans un contexte mondial marqué par la volatilité des prix des matières premières et la nécessité d’assurer une sécurité alimentaire durable, le Cameroun vient d’être le théâtre d’une transaction historique. Le groupe Cadyst, dirigé par l’industriel camerounais Célestin Tawamba, a officialisé en août 2025 le rachat des Grands Moulins du Cameroun et du Congo, deux filiales du groupe Castel.

Montant de l’opération : 50 milliards FCFA.
Une acquisition qui change la donne, non seulement pour le marché local, mais aussi pour l’ensemble de l’Afrique centrale.

  

Le deal en chiffres et en dates

  • Valeur de la transaction : 50 milliards FCFA.
  • Prise de contrôle effective : août 2025, soit neuf mois après la signature du protocole d’accord.
  • Marchés visés : Cameroun et Congo.
  • Parts de marché consolidées : environ 40 % au Cameroun et 32 % au Congo, dans les segments stratégiques de la farine, des biscuits et des pâtes.
Avec cette opération, Cadyst devrait doubler son chiffre d’affaires et atteindre une valorisation estimée à 200 millions d’euros. Une montée en puissance qui fait de l’entreprise l’un des champions africains de l’agro-industrie.
 

Cadyst, un groupe visionnaire en pleine expansion

Ce rachat n’est pas un simple transfert d’actifs : il s’inscrit dans une vision d’intégration verticale.
Cadyst ne se limite pas à la distribution, mais couvre désormais toute la chaîne :
  • Production d’intrants : provenderie, maïserie et autres activités liées aux matières premières.
  • Transformation industrielle : produits finis (farine, pâtes, biscuits).
  • Distribution : présence renforcée dans plusieurs pays d’Afrique centrale.
Cette approche permet au groupe d’assurer une meilleure maîtrise des coûts, une plus grande stabilité face aux fluctuations des marchés mondiaux et surtout une valeur ajoutée locale.
 

Enjeux stratégiques pour le Cameroun et la sous-région

1. Renforcer la souveraineté alimentaire
Face aux dépendances extérieures et aux crises mondiales (pandémie, guerre en Ukraine, tensions logistiques), la capacité à transformer localement les matières premières devient une priorité nationale et régionale.
 
2. Soutenir les producteurs locaux
En intégrant les maillons amont et aval de la filière, Cadyst s’engage à travailler avec les agriculteurs camerounais et congolais, créant un cercle vertueux pour la production céréalière locale.

3. Créer de l’emploi et stimuler l’innovation
Avec le maintien et l’extension des usines, ce sont des centaines d’emplois directs et indirects qui sont sécurisés, tout en stimulant la recherche de solutions technologiques adaptées au contexte africain.

Une opération symbolique et géopolitique

Le rachat des Grands Moulins par un acteur africain dépasse le cadre économique.
C’est un signal fort envoyé aux marchés : l’Afrique ne veut plus seulement être un consommateur ou un exportateur de matières premières, mais un acteur majeur de la transformation industrielle.

Du côté du groupe Castel, cette cession illustre une stratégie de recentrage sur l’agriculture primaire et les boissons, laissant le champ libre à des entrepreneurs africains comme Célestin Tawamba pour prendre le relais.
 

Vers un modèle africain de résilience économique

Cette transaction reflète une tendance de fond : la montée en puissance d’une nouvelle génération d’entrepreneurs africains capables de rivaliser avec les grands groupes internationaux.

En mettant l’accent sur :
  • la création de valeur ajoutée locale,
  • la sécurité alimentaire,
  • et la résilience économique,
Cadyst montre que l’avenir de l’agro-industrie africaine passera par des stratégies audacieuses et un leadership enraciné dans les réalités locales.

Un exemple à suivre pour l’Afrique

Le rachat des Grands Moulins par Célestin Tawamba et son groupe Cadyst est plus qu’un deal industriel. C’est une leçon d’entrepreneuriat stratégique qui montre que l’Afrique a les moyens de bâtir ses propres champions économiques, tout en répondant à des défis cruciaux tels que la souveraineté alimentaire et la compétitivité régionale.

Une chose est claire : cette opération marque une nouvelle étape dans l’africanisation de l’agroalimentaire. Un modèle inspirant qui pourrait bien être reproduit dans d’autres secteurs stratégiques du continent.

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